Forum sur les films d'horreur - L'avenue où l'on rencontre Vampires, Boogeyman's, Monstres et Maître du genre.
 
AccueilAccueil  Site  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes   Facebook   Boutique   Collection  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 La Lame Infernale (1974)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
bikinikill
Lucifer


Masculin
Nombre de messages : 2184
Age : 111
Localisation : Ma maison
Film d'Horreur préféré : Halloween
Maitre de L'Horreur préféré (réalisateur) : Carpenter
Date d'inscription : 23/02/2012

MessageSujet: La Lame Infernale (1974)   Lun 28 Jan 2013 - 13:38


Réalisé par : Massimo Dallamano
Scénario de : Massimo Dallamano, Ettore Sanzò
Acteurs : Giovanna Ralli, Claudio Cassinelli, Mario Adorf, Franco Fabrizi, Micaela Pignatelli
Année de production : 1974
Date de sortie en DVD/Bluray en France : 18 décembre 2012 (The Ecstasy Of Films)
Date de sortie au cinéma en France : 10 septembre 1980
Pays : Italie
Saga : -

Synopsis

Une femme juge et un policier enquêtent sur le meurtre d'une adolescente. Bien vite, ils remontent la piste d'un réseau de prostitution de mineures. Un tueur se lance aussitôt dans le nettoyage des témoins et l'intimidation des enquêteurs...

Mon avis

Italie, 1974. On est en plein dans les années de plomb. Le pays est secoué par des vagues d’attentats sans précédent, et on ne compte plus les meurtres politiques commandités par les groupuscules d’extrême droite et d’extrême gauche, qui se livrent une guerre sans merci au sein d’une nation vite dépassée par les évènements.
C’est dans ce contexte-là que naît véritablement ce sous-genre cinématographique ultra violent qu’est le giallo, et qui connaîtra un succès incontestable grâce à des réalisateurs comme Mario Bava, Dario Argento, Lamberto Bava ou Umberto Lenzi

LA JEUNE FILLE ET LA MORT

Parmi tous ces metteurs en scène renommés, Massimo Dallamano fait figure de grand oublié, alors même que ces films ont énormément contribué à la magnificence du genre (on se souvient du terrible Mais... Qu’Avez Vous Fait A Solange ? de 1972).
Saluons donc l’initiative de ce p’tit nouvel éditeur français The Ecstasy Of Films, qui a décidé de (re)mettre au goût du jour une des œuvres maîtresses du réalisateur, au travers de sa collection Profondo Giallo avec le film La Lame Infernale (La Polizia Chiede Aiuto).
Ce second volet de la trilogie dite des "jeunes filles en péril", faisant suite Mais... Qu’Avez Vous Fait A Solange ? (1972), s'avère être un des films les plus intéressants de la courte carrière de Massimo Dallamano (il décèdera en novembre 1976 alors en plein tournage de La Fin De L'Innocence, le dernier volet de sa saga des "jeunes filles"…).

Une jeune lycéenne est retrouvée pendue nue dans une chambre fermée à clef de l'intérieur. La police pense de suite à un suicide, jusqu'à ce que d'autres indices les dirigent vers le meurtre. Bientôt, l'inspecteur Silvestri (Claudio Cassinelli) aidé de Vittoria Stori (Giovanna Ralli), une femme juge mandatée exceptionnellement sur cette affaire, vont découvrir que les jeunes filles entourant la défunte, tout comme celle-ci, sont mêlées à un réseau de prostitution.

D'entrée de jeu, Massimo Dallamano (bien aidé par Ettore Sanzò sur le script) ne va pas faire dans la dentelle et rentrer dans le vif du sujet avec un thème plus que sulfureux pour l'époque : la corruption des mœurs des élites avec de jeunes adolescentes.
Pour ce faire, le réalisateur va articuler son film autour d'atmosphères aussi lourdes qu'une chape de plomb, ponctuées par une narration qui n'est pas loin du nihilisme.
La Lame Infernale se pose d'emblée comme une excroissance de Mais... Qu’Avez Vous Fait A Solange ?, excroissance poisseuse et dénuée de toute moralité. Il est clair que la société italienne a du plomb dans l'aile et ça, c'est du pain béni pour un réalisateur comme Massimo Dallamano.
De fait, l'homme va développer tranquillement son scénario, et nous présenter les différents personnages qui vont s'y côtoyer… pour le meilleur et pour le pire. Ainsi, chaque protagoniste semble avoir ses propres motivations personnelles dans cette enquête policière et une part d'ombre prégnante, si bien qu'on n'est jamais loin du film noir.

AU-DELA DES APPARENCES

D'ailleurs, au fil des minutes, on s'aperçoit que La Lame Infernale ne se cantonne pas au seul giallo. Ainsi, Massimo Dallamano n'hésite pas à faire évoluer son métrage du côté du poliziotteschi (le film policier qui se déroule dans les réalités sociales du pays), en même temps que l'enquête de Silvesti qui met en toile de fond un réseau de prostitution au sein même des arcanes du pouvoir et de la Justice. Un véritable pamphlet contre la société italienne des 70's !
Mais au-delà du récit en lui-même, Massimo Dallamano n'en oublie pas pour autant la forme. En effet, l'homme va prendre un malin plaisir à capter l'attention du spectateur grâce à des changements de rythmes dans la construction de son film (on passe de longs plans séquence à des passages plus nerveux en plans rapprochés) et dans un montage tonitruant.

On sent que le metteur en scène met toutes ses tripes dans La Lame Infernale et que rien n'est laissé au hasard ! Et même, si on apprend vite l'identité du tueur dans la première demi-heure du film (ce qui coupe court avec le sempiternel whodunit du giallo), tout le point fort du métrage réside dans l'enquête de la police, des difficultés rencontrées avec la Justice et dans la surenchère de violence à la fois physique (les meurtres au hachoir) et psychologique (le viol, la prostitution…).

LE FOND ET LA FORME

Du côté du casting, c'est un sans faute. Le tandem Claudio Cassinelli et Giovanna Ralli fonctionne à merveille et les deux comédiens réussissent des interprétations très justes. Les personnages sont tiraillés entre la volonté d'agir, la volonté de protéger les jeunes filles et le respect des procédures, de la hiérarchie et de la paperasse… Ici encore, Massimo Dallamano tire à boulets rouges sur la lenteur de l'administration italienne et sur son système corrompu (les élites, notamment).
Petite cerise sur le gâteau, les seconds rôles ne sont pas reste, puisqu'en plus de nous servir des prestations remarquables, on va avoir droit à des "gueules" crédibles, qui tiennent parfaitement la route (Mario Adorf, Franco Fabrizi, Micaela Pignatelli…).

Véritable coup de point graphique aux couleurs crues, La Lame Infernale possède aussi son lot d'action (la poursuite de la moto dans les rues…) et de scènes marquantes (l'autopsie, la main coupée au hachoir…) qui ne laissent pas de marbre.
Il est à noter que le score de Stelvio Cipriani (repris dans le récent Amer), apporte énormément de relief à l'ensemble avec ses mélodies répétitives qui servent merveilleusement bien l'ambiance craspec, mise en place par le réalisateur italien. De là, à dire que la partition sans faille est un personnage à part entière, il n'y a qu'un pas…

En fin de compte, La Lame Infernale s'avère être une petite pépite sans concession comme on n'en fait plus, qui démontre que Massimo Dallamano était un sacré cinéaste, parfaitement encré dans les réalités économiques et sociales de son pays.
La Lame Infernale est un film fort, violent et puissant qui dépasse le cadre du simple giallo pour évoluer aux confins du poliziotteschi et du thriller politique.
Un coup de maître !
5



Dernière édition par bikinikill le Lun 28 Jan 2013 - 15:47, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zabou
Admin
Admin
avatar

Féminin
Nombre de messages : 8725
Age : 37
Localisation : Haddonfield
Film d'Horreur préféré : Halloween
Maitre de L'Horreur préféré (réalisateur) : John Carpenter
Date d'inscription : 04/07/2007

MessageSujet: Re: La Lame Infernale (1974)   Lun 28 Jan 2013 - 15:20

Belle chronique ! (manque juste la note hihi )

_________________

"La première fois que je l'ai vu il y a 15 ans de cela on m'a dit que cet enfant n'avait plus ni raison ni conscience, qu'il ne réagissait plus aux choses les plus rudimentaires comme la vie ou la mort, le bien et le mal, le vrai et le faux. J'ai vu cet enfant de 6 ans au visage mort, pâle où ne se peignait aucune émotion avec d'immenses yeux noirs, les yeux du malin."Dr Loomis
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.avenuedelhorreur.com
clivethered
Freddy Krueger
avatar

Masculin
Nombre de messages : 367
Age : 38
Localisation : Montpellier
Film d'Horreur préféré : Inferno
Maitre de L'Horreur préféré (réalisateur) : Dario Argento
Date d'inscription : 04/08/2012

MessageSujet: Re: La Lame Infernale (1974)   Lun 28 Jan 2013 - 18:19

J"ai vraiment bien aimé la lame infernale je rafolle des giallos de l'époque!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: La Lame Infernale (1974)   

Revenir en haut Aller en bas
 
La Lame Infernale (1974)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» 2500 poly V8
» Frameback Leresche "trempe infernale"
» Reamer contre lame de canif
» [Parodius] Armée Skaven - Edit : Roue infernale
» le changement de lame et le support

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Avenue De L'Horreur :: Les films d'horreur :: Inclassables du genre-
Sauter vers: